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Tioman, île des merveilles

septembre 12, 2016 10:57
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Afin d’initier ces trois mois et demi de voyage, l’envie nous prend de réelles vacances, sur une île. Lors de notre précédente venue en Malaisie il y a trois ans, nous avions été séduits par les Perhentians (Kecil et Besar), et la petite Kapas. Essayons Tioman.

Ce jour, nous devons quitter KL pour Tioman. Rallier TBS (Bersepadu Selatan bus station) dans un premier temps. L’Uber commandé ne se présentera jamais. Plan B enclenché. Un, deux taxis…déjà réservés. Je croise les doigts afin d’en trouver un disponible, et avec un chauffeur sympa qui nous ferait oublier le contre-temps. Voeu exaucé. D’origine indienne, ce monsieur s’avère volubile et charmant, nous apportant des éclairages sur le fonctionnement de son pays, la Malaisie. God Bless U, conclura t’il.

A la gare routière, notre bus est annulé, nous sommes recalés sur le prochain. La route en direction de Mersing est monotone, les plantations de palmiers se succèdent. On décide de descendre avant le terminus, car on réalise qu’une autre jetée existe, à 30 mn de Mersing. Tanjung Gemok, à Endau. Peu d’infos la concernant, mais on sait qu’à Mersing, l’embarquement est réputé assez anarchique. A Gemok, nulle influence de la marée, le dernier bateau part à 16h30. On ne l’aura pas. Donc, nuit à Endau. Ville de province assez peu attractive, et pourtant nous avons la propension à voir de l’intérêt en toute chose. Trafic, odeurs de poisson, hôtel chinois douteux. Je me console avec un bon poulet frit. On surprend les habitants, une fillette reste sans voix à notre passage. Le lendemain matin, à l’embarcadère, nous avons le choix entre plusieurs compagnies. Dragon Starship aura notre préférence. Nous sommes une dizaine seulement dans le bateau, sorte de cuirassé.

 

 

 

1h30 de trajet. Tioman apparaît, jurassique. A Tekek, le débarcadère, taxi pour Juara, seule plage de l’autre côté de l’île. Trajet en 4×4, une demi heure environ, ça grimpe sec ! Jungle foisonnante le long de la seule route de l’île. On loge à Pondok, plage de Mentawak. C’est magnifique. Sable fin, eau cristalline, cocotiers et hauteurs luxuriantes, le cadre est incroyable et nous sommes certains d’avoir bien choisi notre coin de l’île.

Petit chalet en bois sommaire et bien suffisant. Adam nous accueille avec le sourire, et une décontraction qui incite à se détendre. Lin, son acolyte, se montrera dévoué et prévenant. C’est la même famille qui tient le Beach Shack. Les jeunes viennent prendre leur pause ici, entre parties de fléchettes et volley. Ici, ambiance à part. La plage est tranquille. Juara offre le visage d’un vrai village, vivant, avec école, mosquée, restaurants fréquentés par des locaux, et pas seulement repaire de vacanciers, dont nous faisons partie, il faut le reconnaître.

On verra, dès le premier jour, des singes se bagarrant, des écureuils sur les fils électriques, des (très gros) lézards. Des poules et des chats évoluent en totale liberté. Un peu plus tard, des cris stridents nous feront lever la tête. Une armada de chauve-souris, suspendues tête en bas aux cocotiers. Pelage brun roux, ailes noires, taille conséquente. Le premier soir, un énorme orage viendra nous saluer.

On a déjà nos habitudes, car chaque jour, même cantine. Quand on aime… Le My’s café propose roti canai, pancakes à la banane, curry de poulet ou de légumes et l’incontournable jus frais. Il y a de l’attente mais c’est délicieux et bon marché.

Question snorkeling, il y a la jonction entre Juara et Mentawak, et le côté droit de cette dernière. Ou, plus ambitieux, prendre un kayak pour se rendre en direction des îlots rocheux à l’entrée de la baie, tout à gauche. Difficile d’amarrer l’engin toutefois. Je verrai un requin pointe noire à cet endroit. Après quelques agacements et les bras fatigués, nous regagnons la plage, fendant cinquante nuances de bleu.

Souvent, nous faisons une activité le matin, puis passons à la sieste et à la lecture l’après-midi, parfois ponctué d’averses orageuses et éphémères. Belle façon de commencer le voyage que par des vacances… Attention à ne pas recevoir une noix de coco sur le crâne. La plage est préservée, les habitants font attention à l’environnement, certains pratiquent le compost.

 

C’est aussi un refuge pour les tortues, recueillies au Turtle Protection Center avant d’être relâchées à la mer quelques mois après leur naissance. Nous assisterons à cette course vers le large des bébés tortues, mais le tableau s’assombrit quand on apprend qu’une sur dix mille survivra.
Nous avons fait le snorkeling trip autour de Coral Island, voisine inoccupée de Tioman. Fonds superbes, plus ou moins profonds. Le troisième arrêt nous permet de découvrir un lagon incroyable, anse renfermant plage paradisiaque et mangrove. Jungle et cocotiers se disputent l’arrière-plan. L’eau, sur le sable, paraît phosphorescente.

Arrêt lunch à Salang, sur Tioman. Plus fréquenté, moins sauvage que Juara. Mon poulet « sweet and sour » sera plus épicé que sweet, la morsure du sel et du soleil sur les lèvres n’arrange rien. Après Shark point, notre conducteur nous offrira un stop bonus sur la partie de l’île du côté de Juara. Nous serons le seul bateau, et l’endroit est encore une fois sublime. J’ai le luxe d’y observer une tortue progresser parmi les autres poissons colorés (balistes, chirurgiens, anges, papillons, labres, demoiselles, raies…). Difficile de bouger de Juara ou de découvrir le reste de l’île. Les trajets en taxi boat sont très chers, un seul sens est réellement possible, ce, en raison du courant. Faire une excursion est donc financièrement plus intéressant.

Nous avons eu la chance d’être invités à un repas de noces. Tout le village, en cette occasion, peut venir se sustenter. Le buffet propose sardines, légumes, boeuf, poulet, accommodés de différentes manières, ananas épicé, desserts. On mange avec les doigts. Un canapé fleuri sur un podium attend les mariés.

Autre occasion propice à manger : la fête religieuse musulmane Hari Raya. Ce jour là, les habitants ont revêtu leurs plus beaux atours, sortes de pyjamas soyeux et colorés. Après la prière, il s’agit de passer de maison en maison afin de profiter des repas préparés par chacun. Oserons-nous ? Au restaurant, résonnent des chansons sur le thème de la célébration ; les mots Hari Raya sont scandés avec douceur, hypnotiques.

 

 

 

Infos pratiques

– Traversée 35 RM aller
– Entrée du parc national 5 RM
– Taxi Tekek Juara entre 25 et 35 RM/pax
– GH Pondok 45 RM
– Snorkeling trip 110 RM/pax
– Location de canoé 15 RM/heure
– Roti Canai 1,5 RM
– Thé glacé au citron 2 RM

PHOTOS EN VRAC

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