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Road trip de Pemuteran aux montagnes du Centre

novembre 21, 2016 12:41
Publié par

Bali. Bali, sur laquelle nous avions hésité, après avoir entendu tant d’avis contrastés. Le mieux est encore d’aller vérifier par soi-même, sans attentes particulières. Nous sommes arrivés par Java, Banyuwangi. Sa côte nous est donc apparue, première image de l’île, bien plus petite que Java et très fréquentée par les touristes (dont nous, donc). Allons-nous y trouver des endroits paisibles comme sur sa voisine ?
Nous disons au revoir au charmant duo d’Andorre (!), rencontré la veille, qui part vers Ubud.
Nous avons choisi le Nord, qui semble plus tranquille. Le bus public nous dépose à Pemuteran. C’est sur un axe routier principal, donc avec un certain trafic, mais la plage est en retrait et ne capte pas cela. Notre guesthouse donne sur un jardin et sur la montagne. Sur le lit, des fleurs de frangipanier. D’emblée, on sent qu’en termes d’hébergement, la qualité sera supérieure, ne serait-ce que concernant la dimension esthétique. Par contre, les prix seront plus élevés qu’à Java. Ici, les chambres les moins chères correspondront au budget maximal de l’île précédente. On va donc tenter de négocier à peu près partout où nous passerons.

Pemuteran est calme et alanguie, et si quelques touristes y posent leurs valises, la vie des balinais y suit son cours sans sourciller. On remarque, dans ce décor rural, quelques villas luxueuses : les offres correspondent à un certain standing ici. Le sable est noir, volcanique, mettant en valeur l’eau transparente. Des jukung (bateaux) stationnent sur la plage. Derrière nous, une chaîne de montagnes vertes et voluptueuses achève de compléter ce joli tableau.

Sous l’eau, snorkeling original. En effet, le projet Biorock se propose de régénérer le corail, qui a malheureusement pâti des effets de la pêche, ayant été dynamité. Des structures ont été immergées, et la nature reprend ses droits, puisque le corail envahit les éléments artificiels jusqu’à en recouvrir certains. C’est beau. On dirait de l’art contemporain aquatique. Les sculptures marines ont des formes d’étoile, de tortue, de requin, de fleur. Il y a même de réelles statues de pierre à figure humaine et animale, divinités assurant la protection du projet. Beaucoup d’étoiles de mer d’un bleu électrique.
Afin d’avoir une vue panoramique sur Pemuteran et ses alentours, il est possible de grimper dans la montagne, jusqu’à un temple modeste. Dans les marches, nous croisons des hindouistes de retour d’une cérémonie, vêtus de blanc, avec du riz sur le front. Je reconnais à l’horizon la silhouette de la montagne du Baluran.
Les warung sont cozy à Pemuteran, la nourriture est variée mais a little bit pricey. Un food stall ambulant propose des martabak, ces galettes fourrées qui ressemblent à des roti.

Nous partons en scooter plusieurs jours à la découverte des montagnes du Centre, et laissons donc nos backpacks à Komang (ce nom désigne le troisième enfant de la famille), le gérant de notre homestay. Il est assez inquiet, et souhaite que nous communiquions avec lui pour le tenir informé de nos étapes. Fabien gère bien la conduite, cela devrait aller. On espère ne pas croiser de policiers, qui font parfois du zèle. D’ailleurs, ironie du sort, une demi-heure plus tard on en aperçoit une vingtaine, procédant à un contrôle. On s’arrête à temps boire un jus, et lorsque nous avons fini, ils sont partis. En fait, ils étaient devant l’école de police.
Premier stop : Air panas, à Banjar, entre Seririt et Lovina, en retrait de l’axe fréquenté. Cette source d’eau chaude a des airs de Game of Thrones puisque, selon un blog, « c’est un bain que ne renierait pas une khaleesi ». La température est idéale, on peut y rester facilement sans souffrir de la chaleur. On pense à Budapest, ville thermale que nous adorons. En voici une version tropicale. Non loin, toujours à Banjar, sur une colline, est sis le seul monastère bouddhiste de Bali, un « mini Borobudur ». Nénuphars violets en fleur. La faim se fait sentir, on goûte le nasi campur dans un warung. On ne sait pas ce qu’on a mangé exactement mais c’était délicieux (et trèèèès épicé).

A Seririt, on bifurque vers le cœur de l’île, nous éloignant du littoral. La température commence à rafraîchir à mesure que nous prenons de l’altitude. Munduk. C’est dans ce village que nous prenons nos quartiers pour la nuit. Notre homestay, endroit coquet dont le gérant ne parle pas anglais, dispose d’une superbe vue sur les montagnes. Il y a une très belle balade à effectuer à proximité de la bourgade. Deux cascades sont nichées dans la végétation, et séparées d’une courte demi-heure de marche chacune. Avec un peu d’efforts, il est même possible de faire une boucle sans recourir au scooter pour qui le souhaite vraiment. A quelques kilomètres de Munduk, apparaissent les twin lakes en contrebas, Buyan et Tamblingan. Nous rejoignons l’un d’entre eux en scooter, le plus petit (Tamblingan), et entreprenons une promenade à pied sur sa rive, d’un temple à l’autre. Sa couleur a changé, de turquoise là-haut, il s’est, à ce niveau, assombri. Sur la route, des hortensias nous rappellent notre contrée bretonne.
La nuit venue, nous admirons rêveusement la montagne, masse noire piquetée de diamants, autant de lumières qui s’allument progressivement. Au-dessus, les étoiles font écho. Plaisir des yeux et du palais, puisque dans notre assiette, disparaît le succulent babi rendang (porc coco et citronnelle). Le lendemain matin on part en très grande forme : on a pu choisir ce qu’on voulait pour le petit-déjeuner, et commencer par un jus de pastèque et de la banane cuite dans un jus sucré à la noix de coco est plutôt stimulant.

On the road again. Bedugul, notre prochaine étape, n’est vraiment pas loin. La ville révèle un troisième lac, le Danau Bratan, surplombé d’un célèbre temple que nous n’avons pas envie de visiter. A force de voyager, on sait refuser des soi-disant « incontournables » qui ne nous feront pas plus plaisir que cela. On préfère garder notre énergie et notre argent pour ce qui nous motive vraiment. Et les temples à Bali ne manquent pas. On a plutôt en tête une visite insolite… Il y a, quelques kilomètres après Bedugul, sur la route de Denpasar, un hôtel de luxe abandonné. Les travaux ont cessé brutalement seize années plus tôt, pour des raisons obscures. Financières ? Une chose est sûre, l’endroit est réputé hanté par l’esprit des ouvriers décédés pendant le chantier. Ce n’est pas ce qui nous intéresse, mais plutôt l’atmosphère et la beauté des lieux, figée pour l’éternité. Après un petit billet au gardien, nous partons faire nos urbex (explorateurs urbains), seuls. C’est immense, ce qui laisse imaginer l’envergure du projet initial, réduit à néant. De longs couloirs, des escaliers qui mènent partout et nulle part, de grands volumes, des suites vides et silencieuses, dont certaines mangées de végétation, des balcons offrant sûrement la plus belle vue de Bedugul. Après cette expérience, pour me remettre de mes émotions, je continue dans la singularité en testant la pizza à la fraise, fruit cultivé par ici.

Toujours depuis Bedugul, nous rallions les rizières de Jatiluwih, classées par l’Unesco. La route est bonne et plaisante. C’est typiquement l’image d’Epinal que j’avais de Bali. Un seul mot : vert. Quelques trails faciles permettent de bien en profiter. Il ne faut pas hésiter à faire la boucle de 3h30. Nous avons en réalité mis deux heures en prenant notre temps, sous un soleil de plomb.
Dernier jour. Ce soir nous serons de retour à Pemuteran, mais avant, nous faisons une escale à Sekumpul. L’endroit nous a été conseillé par un local rencontré à Munduk, chauffeur privé, non dénué d’humour, et parlant un français excellent. Pour nombre de balinais, c’est le plus beau spot de l’île des Dieux. Après une jolie route en lacets, une volée de marches irrégulières rejoint deux ensembles de cascades, distants de quelques centaines de mètres. En tout, environ sept chutes d’eau, pour ne compter que les plus conséquentes. Et bien entendu, il est possible de s’y baigner. On s’arrête manger un morceau à Lovina (étrange ce nom digne d’une série B), station balnéaire dont je n’ai rien de particulier à dire, si ce n’est qu’elle se situe sur la route. A la table d’à côté, deux français, dont l’un, photographe, voyage depuis neuf ans. Echange de bons plans. A Pemuteran, Komang est ravi de nous voir revenir en un morceau, et nous retrouvons notre mignonne petite terrasse avec joie et sérendipité. Nous aurons mis cinq jours pour effectuer ce road trip en boucle, mais nous avons pris notre temps. Slow travelers.

Infos pratiques

Rappel : en septembre 2016, le taux de change était de 14800 RP pour 1 euro environ.

– Homestay Kampung Osinn à Banyuwangi, arrêt de train Karangasem,130 000 RP avec un succulent et copieux petit-déjeuner. Ils organisent des excursions en voiture pour l’ Ijen.

– Trajet Java – Bali  : train Karangasem > Banyuwangi/Ketapang 17 000 RP, 15 mn, + ferry 6000 RP, 45 mn.

– Attention, l’heure n’est pas la même entre Bali et Java, compter une heure de plus pour la première.

– Bus Gilimanuk > Pemuteran 40 000 RP. Arriver à Gilimanuk au plus tard en début d’après-midi afin de ne pas avoir que les taxis à disposition.

– Komang Homestay à Pemuteran 200 000 RP avec petit-déjeuner

– Location de scooter 60 000 RP/jour

– Plat dans un warung rural 15 000 RP, 30 000 RP dans un warung plus cozy

– Jojo’s Homestay à Munduk 200 000 RP avec un petit-déjeuner excellent. Très bon restaurant.

– Cascades de Munduk 10 000 RP chaque

– Un litre d’essence 10 000 RP

– Pelangi Homestay à Bedugul 150 000 RP avec (frugal) petit-déjeuner

– Hôtel abandonné Taman Rekreasi Resort 10 000 RP/pax au gardien

– Droit d’accès au village de Jatiluwih et ses rizières 40 000 RP/pax

– Cascades de Sekumpul 15 000 RP

PHOTOS EN VRAC

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