Logo

Ipoh, ville des illusions

septembre 18, 2016 11:03
Publié par

Ipoh. Une architecture coloniale, dont les grands bâtiments administratifs léchés hésitent entre le blanc, le crème et l’ivoire. En contraste, les habitats chinois se serrent dans les ruelles, défraîchies et charmantes. Il se dégage de cette grande cité une certaine langueur, ignorant les artères regorgeant de voitures à quelques pas, rendant la traversée difficile. La tradition dialogue avec la modernité. Un certain goût de la présentation transparaît autour des cafés et commerces. Peu d’occidentaux.  Beaucoup de détails captent notre attention. Au Tourism Info Center, nous prenons connaissance de deux parcours urbains pour découvrir la ville : l’un axé patrimoine, l’autre mettant en exergue des fresques murales, scènes de vie en trompe l’œil. C’est une manière originale de découvrir la ville, entre le hasard des pérégrinations et la quête.

 

 

La ville est connue pour ses temples chinois abrités dans des grottes. Perak Tong est superbe, ses murs sont recouverts de fresques. Des singes surveillent l’entrée. Quand à Sam Poh Tong et Lin Sen Tong, côte à côte, le faste kitsch y a des airs à la Miyazaki, présentant des créatures entre le rêve et le cauchemar. Un bougainvillée fleuri accueille dans ses branchages des prières colorées. La fumée est très prégnante. Beaucoup de chinois se recueillent. Armés de bâtons d’encens, ils s’inclinent trois fois face à chaque figure divine. Des enfants sont forcés à prier par leurs parents et s’y emploient avec une moue boudeuse. Il n’est cependant pas facile de rallier les temples. A la gare routière, personne ne nous indique la bonne ligne de bus, ni ne connaît les horaires de passage. Impossible de les rallier à pied. Merci Uber. Une promotion indiquée par un chauffeur nous permet de ne pratiquement rien payer de nos trajets.

Le lendemain, nous projetions de nous rendre à Taiping sur les bons conseils d’un malaisien en congés. Vacances oblige, le train est complet. Un autre programme germe dans nos esprits… Il y a un parc à thèmes à quelques kilomètres d’ici, Lost World of Tambun. Assurément, c’est une expérience qui sort des sentiers battus. Allons donc nous amuser avec les malaisiens en ce jour de l’Indépendance, Merdeka ! Joli cadre, pitons karstiques mangés de végétation. Organisation impeccable, casiers avec bracelets électroniques. Le parc d’attraction oscille entre folklore et kitsch, mais recèle des surprises qualitatives ! Il est découpé en plusieurs zones, Water park, Hot springs, Tin Valley, Amusement park, et un Zoo.

Malgré l’affluence, nous n’avons aucun mal à circuler et à profiter des installations. Faire le tour des lieux nous occupe déjà un certain temps. Le Water park est bienvenu par cette chaleur. Nous dévalons des toboggans alambiqués en bouée géante, ce qui nous arrache quelques rires et cris. Les Hot springs, naturelles, sont à fréquenter avec modération, nous adorons cela, mais la température extérieure n’est pas loin de celle des bassins (38 à 42 degrés). Quelques shows viennent ponctuer la journée, dont un cocasse concours de mangeur de pastèque. Nous sommes les seuls occidentaux, mais ne sommes pas dévisagés pour autant. Je garde mon paréo, car le deux-pièces se fait rare.

 

La Tin Valley satisfait mes envies patrimoniales. Il s’agit d’un parcours historique relatant le passé minier des lieux. Ce sont les chinois qui ont développé l’exploitation du filon d’étain, avant d’être suppléés par les indiens quand les anglais s’y sont intéressés. A une époque, 30 % de la production mondiale venait d’ici. Des dizaines de milliers d’ouvriers travaillèrent simultanément, dont des femmes, en fin de chaîne, équipées de « dulang » (bassines). L’évolution technique verra apparaître les pompes hydrauliques : il s’agit d’arroser la roche afin de la désolidariser et d’en filtrer le minerai selon un circuit en plusieurs étapes. Des éléphants permettent de charrier le matériau extrait en quantité.

Infos pratiques

– 1981 GH (dortoir) 25 RM/pax

– Lost World of Tambun 60 RM

– 4 popiah 10 RM

– La gare routière d’Ipoh (longs trajets) est située à plusieurs kms de la ville

PHOTOS EN VRAC

ipoh_streeipoh-3ipoh-4ipoh-5ipoh-6ipoh-7ipoh-8ipoh-9ipoh-10ipoh-11ipoh-12ipoh-13ipoh-14ipoh-15ipoh-16ipoh-17ipoh-18ipoh-19ipohstreetartresizetronconneusewaitgareimg_2281ipohipoh_streeipoh-2ipoh-3ipoh-4ipoh-5ipoh-6ipoh-7ipoh-8ipoh-9ipoh-10ipoh-11ipoh-12ipoh-13ipoh-14ipoh-15ipoh-16ipoh-17ipoh-18ipohaipohstreetartresizewaitgarebikiniburkaparkandrecreationipoh