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Bromo, un volcan en éruption

octobre 18, 2016 5:28
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Le Bromo est en éruption. Ce qui pourrait être une mauvaise nouvelle n’en est pas une. Car, cela arrive tous les cinq à dix ans, et nous nous estimons chanceux ; c’est une vision singulière qui nous attend. En attendant, on se demande à quelle sauce on va être mangés à Probolinggo. En effet, la ville pâtit d’une fort mauvaise réputation, liée à des arnaques répandues et variées. Cela surprend, quand on circule à Java depuis quelques semaines. Les habitants sont charmants et plutôt enclins à rendre service. Mais le Bromo est l’un des endroits le plus touristique de l’île. Pour citer brièvement quelques écueils à éviter à Probolinggo :

  • S’assurer d’être déposé à la vraie gare routière Bayuanga, près du Lava Lava hôtel, et non dans une «  agence  » qui affirmera que le droit d’accès au parc doit être réglé dès à présent. L’entrée n’est payante qu’après Cemoro Lawang, avant d’accéder à la Laotian Pasir, mer de sable.
  • Ne régler son trajet qu’une fois que le bus est parti. Certains individus se font passer pour le chauffeur. Partout à Java, nous avons payé nos transports une fois le bus démarré.

Nous n’avons eu aucun souci de ce type. Une fois à la gare ferroviaire de Probolinggo, nous avons rejoint Clover Homestay à pied, sans sollicitation aucune. Cet hébergement, dans une ruelle tranquille, est bon marché, très agréable et en fort bon état, ayant ouvert deux mois auparavant. Le café propose des boissons délicieuses. Les propriétaires et le staff sont adorables et serviables, allant jusqu’à nous déposer au minibus pour Cemoro Lawang. Les minibus sont à prendre sur le côté de la station, devant des restaurants, et non dans son enceinte. Il y a là Mark, écossais, Daniele et Marc, allemands, qui patientent déjà, en compagnie de deux malaisiens. Bientôt nous sommes neuf et décidons de partir, quitte à payer un peu plus cher. Il faut savoir qu’il faut parfois attendre trois à quatre heures avant qu’un minibus affiche complet et se mette en route. Mais pour l’heure, nous voilà serrés les uns contre les autres. Fabien et moi avons eu la bonne idée de laisser nos backpacks à Clover, ne conservant que l’essentiel, soit des habits chauds (bien nous en a pris).

1h plus tard, Cemoro Lawang apparaît, rue cerclée de coteaux verts.

Quelques maisons éparses çà et là. Mais, surtout, ce qui nous a accueillis, c’est cette cheminée de fumée qui s’élance vers le ciel bleu, et dont on ne voit pas l’origine. On repousse le moment de s’approcher, devinant le volcan, et retenant ce moment encore un peu. Les homestays se ressemblent, et affichent des prix similaires. Une fois notre maigre bagage déposé, nous arrivons au bout de la rue… et du précipice. Nous sommes sur une crête. Si le vert l’emporte dans notre dos, en face, il en va autrement. Un paysage apocalyptique, lunaire, argenté. Le Bromo crache une fumée abondante et des pluies de cendre. Il n’est pas seul. A son côté, le Batok, calme et massif, silhouette de volcan modèle. Le soleil leur confère de la densité. Ai-je vu paysage plus étrange ?

Le Bromo est en éruption, il n’est donc pas possible de traverser la Laotian Pasir, afin d’accéder au rebord du cratère. Un peu plus loin en longeant la crête de Cemoro Lawang, un sentier discret plonge vers la caldeira. On l’emprunte, décidés à avoir un certain point de vue, sans risquer toutefois d’aller très loin. Par mesure de sécurité, il faut rester à 3,5km du volcan, nous respecterons cela. Daniele et Marc ont eu la même idée, et c’est ensemble que nous progressons en surveillant d’éventuels changements de vent. L’odeur de l’air n’est plus la même. Ça y est, nous sommes en bas. La végétation se raréfie, au loin elle cède la place au sable et aux cendres. Le mont Penanjakan derrière nous, nous surplombe, immense.

A 2h du matin, nous retrouvons nos camarades, ainsi que Cagri, originaire de Turquie, journaliste au Qatar pour Al Jazeera. Joyeuse équipée ensommeillée, lancée à la conquête du Penanjakan, qui offre plusieurs points de vue sur le Bromo. La nuit est percée d’étoiles. Après une route, des marches, et enfin un sentier. On croise quelques commerçants qui descendent d’un pas sûr, malgré la charge sur leurs épaules. On boit un thé chaud autour d’un brasero.

Le point de vue situé après King Kong Hill est tranquille. Lever du soleil. Le Semeru, qu’on ne voyait pas d’en bas, apparaît, dépassant largement ses confrères, du haut de ses 3600 mètres. Il fait très froid. A la redescente, on profite du panorama, splendide et surréaliste.

Les minibus partent de Cemoro Lawang vers 9h, 9h30. Nous sommes quinze. Fatigués mais satisfaits, nous prenons congé de Mark, Marc et Daniele, tandis que Cagri attendra son train à Clover en notre compagnie. Il y avait une belle énergie dans ce groupe improvisé et multiculturel. Cela fait le sel du voyage.
L’écart de température dans la même journée est assez incroyable pour être relevé.

Infos pratiques

– Trajet en train Semarang > Surabaya 80 000 RP (5h)
– Deux gares à Semarang, celle de Poncol concentre les classes économiques
– Trajet en train Surabaya > Probolinggo 90 000 RP (2h30)
– Deux gares à Surabaya, celle de Gubeng propose les trajets vers Probolinggo
– Minibus Probolinggo > Cemoro Lawang 35 000 RP s’il est complet (15 pax)
– Clover Homestay 125 000 RP avec petit déjeuner
– Homestay à Cemoro Lawang 125 000 RP après négociation
– Bonnet 10 000 RP (et non 40 000 comme l’a si bien négocié Fabien…)

PHOTOS EN VRAC

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