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Borneo : autour de Kuching

novembre 10, 2016 8:03
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Notre visa pour l’Indonésie arrive à expiration. Après un mois passé à Java Est et Centre, nous nous envolons pour la Malaisie. Non pas la partie péninsulaire, mais la mystérieuse Bornéo. Dans mon imaginaire, Bornéo n’est que jungle. Ce n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas que cela. Deux Etats composent Bornéo côté malaisien : le Sabah et le Sarawak. C’est ce dernier que nous découvrirons, un fragment en tout cas, Kuching et ses alentours.

Kuching est un coup de cœur. Est-ce le contraste avec Java ? On retrouve la facilité de voyager. Transports efficients, communication aisée avec l’anglais, et surtout… Une nourriture exquise. Oui, Kuching a la réputation de satisfaire les estomacs, proposant une variété de mets. Citons le Laksa. Cette soupe épicée aux nouilles, au poulet et aux crevettes, dont la saveur varie selon les échoppes. J’en avais goûté à Malacca, puisque c’est une recette Baba Nyonya ou Peranakan, descendants des premiers immigrés chinois. Mais outre la cuisine d’inspiration sino malaise, on peut aussi savourer des plats originaires du nord de l’Inde ou des Philippines. Désormais, nous aurons un but à Kuching  : manger. J’exagère bien entendu, car il y a de quoi s’occuper.

 

La promenade y est agréable. On peut se protéger du soleil en passant sous les arcades des commerces chinois, Jalan Padungan ou Jalan Carpenter. Quelques bâtiments immaculés rappellent le passé colonial de la cité, consacrée ville des chats, comme l’indique son nom. Des statues félines célèbrent l’animal au détour des rues. Dans India Lane, une mosquée se cache dans une ruelle secrète, laquelle débouche sur des stands d’épices. Quelques fresques street art à découvrir. Un espace d’exposition est situé en haut de l’agréable courtyard. C’est dans Jalan Padungan que nous logeons, à vingt minutes du centre à pied. La chambre est agréable, on aime s’y reposer après avoir vadrouillé la journée. Il y a une couette moelleuse et une douche chaude. Des détails peut-être, mais pour nous qui posons nos backpacks régulièrement dans des endroits différents, se sentir chez soi procure un sentiment indéfinissable de bien-être. Dans ce quartier à la fois calme et vivant, hawkers et food courts donnent le tournis culinaire.

Le Sarawak muséum, gratuit, mérite une visite. Outre sa collection d’animaux naturalisés et son intérêt pour les Sciences Naturelles, on y apprend beaucoup sur les ethnies vivant dans l’Etat, tels que les Bidayus et les Ibans. Artisanat, croyances, organisation socio-culturelle  : autant de points abordés dans l’espace d’exposition. Belle et inquiétante monstration de masques. Au Sud de Kuching, il existe encore des longhouses, habitations pouvant faire un kilomètre de long, comprenant espaces privés et communs. Des crânes humains y sont parfois toujours suspendus, résidu d’une tradition guerrière.

De l’autre côté de la rivière, près de l’Astana (palais), se situe le reposant jardin des orchidées. Pour le rejoindre, il suffit d’embarquer sur un petit bateau depuis le waterfront. Au retour de cette balade, on tombe sur un événement. Sur un podium, un animateur interpelle le public afin de lui faire gagner des lots. Il repère la petite bouille de Fabien et le convie sur scène. Fabien doit ânonner un peu de bahasa Malaisien. Il se met la foule dans la poche en clamant que la nourriture à Kuching est excellente. Sous les cris enjoués des spectateurs, nous repartons avec un encombrant set de tasses. Nous l’offrons à la petite dame de notre guesthouse. C’est ce qui s’appelle refiler «  la patate chaude  ».

Depuis Kuching, en bus publics, il est aisé de profiter de la nature merveilleuse, à une heure d’ici en moyenne, selon la destination du jour.

Ainsi nous avons rejoint les grottes de Bau. La Fairy Cave et la Wind Cave sont toutefois à quelques kilomètres de la ville suscitée, depuis laquelle il faut prendre un autre bus qui vous déposera à la jonction. Nous avons fait du stop en compagnie d’une pétulante tchèque, cela a très bien marché. La Fairy Cave est immense, lumineuse et végétalisée. Un trou béant laisse entrer les rayons du soleil, éclairant les nombreux escaliers, paysage onirique rappelant les dessins fous de Piranese. La Wind Cave (ou Wing Cave?) n’a rien à voir. Boyau obscur, elle abrite en son sein une myriade de chauve-souris. Il faut penser à amener sa lampe pour progresser dans ces deux grottes.

Qui dit nature dit flore mais aussi faune. Un centre de protection des orangs-outans est sis à Semenggoh. Recueillis pas les rangers, ils sont désormais au nombre de vingt-huit. Certains bébés ont vu le jour ici. Le programme d’insertion procède par étapes. La forêt ne leur procure pas assez de nourriture en saison sèche, aussi, les rangers leur apportent des fruits deux fois par jour. C’est donc dans la «  feeding area  », à 9h et à 15h, que l’on peut les observer en silence, s’ils viennent bien entendu. Nous en avons vu quatre, un mâle, une femelle avec son bébé, et un jeune. On ne fait plus la différence entre les pieds et les mains, quand on voit leurs corps agiles se mouvoir dans les arbres. Le mâle attrape dans sa patte inférieure une noix de coco et arrive à grimper avec, et, en même temps, a la gueule chargée de bananes. Il s’emploie sans succès à la briser contre un arbre, le bruit mat résonnant un long moment, quant la femelle y arrivera en quelques secondes, le petit bien calé sur sa hanche. Elles donnent naissance à deux ou trois petits dans une vie, attendant entre cinq et huit ans entre chaque, le temps qu’ils deviennent autonomes. Richie est le mâle Alpha, aimant à être traité comme un roi. Les orangs outans, «  hommes de la forêt  », sont quatre fois plus forts qu’un humain.

Le must à proximité de Kuching reste le Parc National naturel de Bako. On y accède en bateau, de la rivière à la mer, ce qui ne manque pas de charme. Nous y restons trois jours, riche idée. Il serait dommage de ne pas passer la nuit sur place, bien que les dortoirs soient un brin sommaires, cependant nous étions seuls dans une chambre de quatre lits. Les autres hébergements sont bien trop chers. Il est impératif de booker son lit sur le site internet de l’office des Parcs Nationaux du Sarawak, surtout à l’approche du weekend. Portes et fenêtres doivent rester fermées en permanence, sans quoi un macaque pourrait se sentir invité. Il n’ y a pas de cuisine, mais un self bien achalandé permet de se restaurer tout au long de la journée à prix corrects à condition d’opter pour un régime végétarien. Avant chaque randonnée, il faut émarger à l’accueil du Parc. Les trails sont fort bien signalés, par un code couleur respectif et régulier, et bien entretenus. Parfois, la nature reprend quand même ses droits, et il faut s’adapter. Je pense notamment à un passage, incontournable puisque constituant la jonction de plusieurs chemins. Un arbre obstruait le passage. Deux options, celle de Fabien, escalader le côté, dont la terre était glissante, ou la mienne, petit gabarit aidant, passer entre les interstices de l’arbre et se hisser au-dessus. Nous avons pu tester un nombre intéressant de trails durant ces trois jours, ceux-ci allant d’une durée de 1h A/R à 5h A/R. Ce dernier, le numéro 7, fût notre préféré. Le plus populaire est la (seule) boucle de 3h. La végétation de tous ces sentiers est magnifique. Sept milieux naturels différents sont présents au sein de ce Parc. De plus, on peut y observer un nombre d’animaux conséquents. Les plus fameux étant les nasiques (proboscis), étranges singes au nez et à l’estomac protubérants. Ils sont régulièrement aperçus près de Delima et de Paku.

Les plages, concluant la plupart des sentiers, sont superbes. S’il est tentant d’envisager une baignade après avoir bien transpiré, c’est à oublier. Les crocodiles ne sont pas une légende ici. Les sangliers sauvages, inoffensifs, rôdent autour du headquarter, retournant la terre de leur grouin. Nous avons aussi vu des pit viper (venimeuses), des oiseaux colorés, des papillons. La nightwalk est à faire. En compagnie de guides, cette marche permet de voir beaucoup d’animaux et d’insectes. Ainsi, nous avons eu la chance de surprendre un flying lemur en plein vol ou encore un mouse deer errant dans l’obscurité. Le coucher de soleil depuis la plage du headquarter est d’une beauté absolue, selon la marée.

A une vingtaine de kilomètres de Kuching, le Parc National naturel de Kubah («  dôme  ») offre une halte reposante et rafraîchissante. Il est tout à fait possible d’effectuer le trail principal dans la journée, néanmoins nous avons choisi d’y dormir. Après une demi-heure de montée régulière, le sentier s’enfonce dans une forêt dyptérocarpe, avant de déboucher sur une cascade idyllique, sur plusieurs niveaux. Allongée sur la pierre plate et chaude, je suis bercée par le son de la chute d’eau qui rince mes idées. Mon corps savoure cet engourdissement d’après la marche prolongée, puisque la veille nous étions encore à Bako, randonnant une troisième journée.

Encore une fois nous étions seuls dans le dortoir, partageant une maison avec des locaux en congés, dont une doctorante faisant sa thèse sur les oiseaux. La cuisine est bien équipée, tant mieux, car il faut penser à amener sa pitance, nulle cantine en vue ici. On se contentera de nos ramen, envieux du parfum de la cuisine de nos colocataires.

A la tombée du jour, on se remet en selle. Le Parc est réputé pour ses grenouilles, abritant une cinquantaine de variétés dont seize endémiques à Bornéo. Leur chant mêlé au bord de la mare dédiée est spectaculaire. Après ce concert, rentrer au headquarter en longeant la forêt la nuit venue est un peu inquiétant. Penser à se munir d’une lampe. Pour rentrer le lendemain, nous nous sommes postés sur le bord de la route. Il y avait un bus stationné, moteur allumé, avec le chauffeur en pleine sieste au fond. On l’a réveillé, et il s’est mis en route comme s’il était en retard…

Dernier jour, on fait un saut à la piscine municipale de Kuching, dans la rue qui prolonge notre guesthouse. Des gamins font le pied de grue devant le guichet. Le bassin est immense et en extérieur, très agréable.

Infos pratiques

Rappel : en septembre 2016, le taux de change était de 4,5 RM pour 1 euro environ.

– Laksa dans un food court 5 RM

– Entrée des Parcs Nationaux 20 RM

– Eau à Bako 4 RM

– Il est possible d’acheter de l’eau à Kubah

– Entrée de Semenggoh Wildlife Center 10 RM

– Entrée des grottes 5 RM

– Traversée de la rivière de Kuching en bateau 1 RM

– Bed’s Guesthouse 55 RM (eau chaude et petit déjeuner en libre service)

– Lit 1 pax en dortoir à Bako et à Kubah 15 RM, réserver sur internet

– Nightwalk à Bako 10 RM, à 20h. Se présenter à l’accueil 10 mn avant.

Les horaires des transports ci-après peuvent avoir changé entre temps. Penser à se renseigner à la guesthouse ou à l’Office de tourisme dans le building UTC.

– Bus n6 pour Semenggoh 4 RM Aller bus à 7h20 – retour à 11h

– Bus K21 pour Kubah 4 RM Aller premier bus à 8h, retour dernier bus à 15h30

– Bus n1 pour Bako 3,5 RM toutes les heures, retour dernier à 16h30. Le bus s’arrête à l’embarcadère, où l’on s’acquitte du droit d’entrée au Parc. Bateau pour Bako 40 RM A/R, fréquent, aller premier à 8h, retour dernier à 15h30.

– Wind et Fairy Cave bus pour Bau n2 4,5 RM, retour du dernier à 15h30. Depuis Bau, bus à 9h et 11h pour se rapprocher des grottes, distantes de deux kilomètres environ l’une de l’autre, et à 8 km de la ville. Là, marcher où faire du stop. Emmener une lampe.

– Piscine municipale 4 RM

PHOTOS EN VRAC

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