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Amed la languide

novembre 27, 2016 3:47
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[Désolés pour certaines images de piètre qualité, mais Fabien était malade lors de notre séjour à Amed et n’avait pas la tête à la photographie.]

Ce jour, nous souhaitons rejoindre Amed, village de pêcheurs à l’est de Bali. On a esquivé toute proposition de transport privé, et Komang a gentiment téléphoné au chauffeur du bus en provenance de Gilimanuk afin de savoir à quelle heure il passerait devant le homestay. C’est le seul bus public direct de la journée apparemment. Sinon, il aurait fallu faire ce trajet en plusieurs étapes, alors qu’il n’y a que quatre heures de route. Dans tous les cas, le bus ne va pas jusqu’à Amed, mais stoppe à Culik, à quelques kilomètres de là. A Bali, on tentera de nous faire croire qu’il n’y a pas de transports publics, ce qui est faux. Il y en moins qu’ailleurs il est vrai, car les balinais souhaitent développer les services privés, pour le plus grand « bonheur » des touristes nombreux sur cette petite île.

Le bus s’arrêtera devant des temples, afin de procéder à quelques prières. Sur le sol, des coqs qui ne comprennent pas grand chose à ce qui leur arrive. Une petite dame au regard étrangement bleu me parle en bahasa indonésia, des passagers amusés traduisent.

Après ce trajet sympathique, Culik. Bemo (cher) pour le terminus prévu. Nous posons nos backpacks, après négociation encore et toujours, au Rumakhu Homestay, satisfaits de la vue mer ET volcan. En effet, Agung, cône parfait, surveille la petite bourgade. La salle de bain est en extérieur, je veux dire littéralement. Le ciel pour toit. Amed est une succession de plages de sable noir, parfois marbré, léché par une eau limpide.

Le snorkeling y est divin. A quelques mètres du rivage, les coraux sont en bon état, colorés, et abritant une faune incroyablement variée et en nombre. Labres, demoiselles, chirurgiens, anges, papillons, ballons, et même tortues, puisque j’en ai rencontré trois sans chercher. Les meilleurs spots sont, dans l’ordre, Jemeluk, et Lipah. Il y a une épave de navire japonais sous les flots de Banyuling. Louer un scooter permet de se promener de plage en plage. Amed, ne mentons pas, est touristique. Mais il se dégage une atmosphère détendue et harmonieuse qui incite à rester. A l’aube, les pêcheurs descendent leur prise du jour des jukung.

Au crépuscule, les enfants prennent le relais depuis le rivage. Les pieds dans le sable, on peut se régaler de poisson frais (barracuda, thon) grillé ou vapeur en feuille de bananier. On récolte le sel ici, ce qui fait écho à ma chère presqu’île guérandaise. Le processus est différent, douze étapes sont nécessaires, s’échelonnant sur trois jours dans un espace réduit, avant de pouvoir récupérer l’or blanc en surface. Puisque nous nous sentons ici en vacances et non plus vraiment en voyage, nous nous offrons un massage balinais. Très professionnel (et vif), on en sort ravis.

Depuis Amed, une fois les envies de snorkeling éclusées, il est possible de faire une jolie excursion, à condition d’être motorisé. D’abord, Pura Lempuyang, sept temples logés sur une colline. 1700 marches pour tous les visiter, une boucle de 4h, pendant laquelle les macaques risquent de vous escorter. Le premier est le plus beau de toute façon. Il donne face au Mont Agung, spectaculaire. A l’entrée, l’accueil est charmant. J’ai commis un impair dans ce temple. Il ne faut pas se placer devant les fidèles pendant la prière. Je ne les ai pas vus tout de suite, absorbée par la contemplation des détails sculptés. J’entendais bien une litanie, mais je crois que je l’avais intégrée machinalement sans en identifier la source. Je contourne un autel, je me retourne, et je me retrouve face à des visages surpris, qui me scrutent. Je suis située entre eux et leurs divinités, ce qu’il faut éviter. La honte me rougit encore les joues au moment où j’écris ceci. Bon, ce n’est pas mon premier fait à Bali hélas. Pour ma défense, à Java et en Malaisie, la population est essentiellement musulmane, pas les mêmes rituels donc. Le premier jour sur l’île des Dieux, j’ai rêveusement ramassé un objet « tombé » devant le warung. En fait, ce mandala composé de fleurs est sur tous les pas de porte. Protection, offrande, bref, le but sera par la suite de ne pas le piétiner par mégarde.

Quelques kilomètres après Pura Lempuyang, en longeant de magnifiques rizières, et aussi beaucoup de camions, émerge le Palais de Tirta Gangga («  eaux du Gange  »). Erigé dans les années 50, ce jardin aquatique est d’une beauté onirique. Chimères, créatures humaines et animales de pierre habitent les bassins. On peut même se baigner dans l’un d’entre eux, ce que je ne manquerai pas.

Infos Pratiques

Rappel : en septembre 2016, le taux de change était de 14800 RP pour 1 euro environ.

– Bus Pemuteran > Culik 100 000 RP

– Bemo Culik > Amed 25 000 RP (peu de kilomètres, Bali style…)

– Homestay Rumakhu 150 000 RP avec petit-déjeuner (ce thé délicieux au parfum de café…)

– Location de scooter 50 000 RP

– Location de masque et tuba 15 000 RP

– Poisson grillé les pieds dans le sable 30 000 RP

– Pura Lempuyang  : donation, location de sarong 10 000 RP (mon paréo a fait l’affaire)

– Tirta Gangga 20 000 RP, + 10 000 RP si baignade

– Massage Spa Aquaterrace happy hour (13h-16h) 250 000 RP pour deux

 

PHOTOS EN VRAC

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